Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:36

Marie ORDINIS

La Papesse Américaine, adaptation de Robert Poudérou d’un pamphlet d’Esther Vilar

Mise en scène de Thierry Harcourt, avec Nathalie Mann

La reprise de ce spectacle donné à nouveau au festival d’Avignon cet été avec un rare bonheur, se fait à Paris dans un des théâtres qui prennent des risques programmant des auteurs contemporains qui dérangent, voyez  Louis-Ferdinand Céline ou Stéphane Zweig.

Quid de cette papesse Jeanne des années 850 ? Déguisée en homme, cardinal puis pontife suprême, elle aurait malencontreusement accouché en public d’un enfant dont le concepteur serait un  homme d’église. Sacrilège, enfer et damnation ! l’Anté-Christ n’est pas loin . Evoquant cette légende, ceux qui haïssent l’Eglise Catholique Romaine jubilent depuis douze siècles et tant d’auteurs nous ont donné leur version de l’imposture. Robert Poudérou, certainement ‘engagé’, a aimé adapter ce pamphlet d’Esther Vilar, auteur allemande de pièces, romans et essais qui interpellent.

Une Jeanne américaine, vient d’être élue pontife suprême : nous sommes en 2040.

Mais le Christ dans tout cela, Jésus de son vrai nom? Auriez-vous  tonitrué ou déliré quand on vous catéchisait  parce que vous vous disiez que cet enfançon-roi avait dû, comme les autres, salir ses couches, se mettre les doigts dans le nez  et qu’adolescent il aurait pu avoir des… pulsions ?

Sacrilèges et insolences de sale gamin. Le défi de la Papesse Américaine du 21ème siècle est d’un autre ordre ; elle nous convie à réfléchir aux anciennes frustrations des femmes mais nous confie aussi ses vérités, ses doutes. Et d’abord elle juge que le Christ ne pouvait être qu’ « athée…tout du moins agnostique. Vous voyez un croyant se prétendre le fils de Dieu ?  Il aurait eu trop peur de sa vengeance ». Nathalie Mann, aussi élégante dans sa longue robe noire que dans sa  tenue blanche papale avec ou sans tiare, vous dérangera.

Théâtre Essaïon,  jeudi, vendredi, samedi à 20 heures, jusqu’au 14 janvier. Réservations : 01 42 78 46 42link

Par PAPESSA - Publié dans : PRESSE ESSAION PARIS 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:27

froggy’s delight

La Papesse américaine

Seule en scène écrit par Esther Vilar, interprété par Nathalie Mann dans une mise en scène de Thierry Harcourt.

2040, un nouveau pape est nommé mais l'église catholique a bien changé. Le Vatican a vendu aux enchères toutes ses richesses pour les redistribuer aux pauvres et a accordé à ses fidèles de nombreuses libertés, jusqu'au mariage homosexuel. Le pape n'est plus nommé à vie par des cardinaux mais élu par les fidèles eux-même et pour quatre années seulement.

Malgré toutes ces concessions le nombre de catholiques n'a jamais été si bas. Ils ne cessent de se détourner de cette église qui leur laisse tous les choix pour suivre le premier maitre à penser venu ou s'enchainer dans de puissantes sectes.

Cependant en cette année 2040, on assiste à une petite révolution puisque c'est la première fois qu'une femme accède au titre suprême de pape.

Dans une homélie papale digne d'un one woman show politique, retransmis depuis un studio de télévision newyorkais et rythmé par les publicités des sponsors qui ont bien voulu financer l'émission, cette nouvelle papesse revient sur le parcours chaotique de l'église qu'elle représente, ses choix, ses conséquences, fait le bilan en somme de ses prédécesseur avant d'interroger tranquillement mais aussi implacablement la foi de ses fidèles, sur tous les points qui font ou ont fait l'essence même du catholicisme : moralité, absolution, rédemption, fidélité, austérité, charité... elle pose les questions, formule les réponses et tire les conclusions qui s'imposent, aussi choquantes soient-elles.

En s'appuyant sur un texte magistrale de la féministe Esther Vilar écrit en 1982 mais d'une troublante actualité, et adapté pour l'occasion par Robert Poudérou, Nathalie Mann campe une papesse ambigüe et dérangeante.

La mise en scène de Thierry Harcourt est des plus sobres. Il livre sa papesse sans fioriture ni arme aux caméras et ne lui offre comme espace de repos que les encarts publicitaires qui la voient alors courbée dans un petit recoin éclairé de rouge et de vert, tel un boxer entre deux rounds, se désaltérant et se concentrant sur le prochain assaut.

A la fois séductrice et sobre dans une soutane sévère qui dévoile toutes ses formes féminines, Nathalie Mann accentue la froide ironie de la dissection de notre société et de la religion qu'elle s'est inventée, tout en faisant preuve d'un fondamentalisme religieux des plus impies, allant jusqu'à affirmer que le Christ était un humaniste athée pratiquant l'hypnose avec le plus grand succès, tout en prônant le retour à une autorité papale absolutiste et divine.

Le spectateur est ainsi tenu en haleine, se demandant sans cesse jusqu'où va bien pouvoir aller cette papesse d'un nouveau genre, ou plutôt ne pas aller, et il se laisse séduire voire fasciner par le discours des plus rationnels, et qui semble pourtant échapper au bon sens le plus commun, qui lui est servi.

Véritable exercice de style digne des plus grandes écoles politiques l'homélie se transforme petit à petit en une subtile manipulation de masses qui ne peut laisser indifférent.

Un spectacle édifiant et qui pose de nombreuses questions.       Cécile Beyssac

Par PAPESSA - Publié dans : PRESSE ESSAION PARIS 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:16

link

Seule en scène écrit par Esther Vilar, interprété par Nathalie Mann dans une mise en scène de Thierry Harcourt.

2040...Demain. Dans un monde où le premier pays capitaliste du monde - la Chine - est communiste, l'euro, une monnaie d'avenir du passé, l'Europe, un tiers-monde parc d'attractions, pourquoi ne pas élire une femme pape pour diriger la liquidation de la religion révélée ?

Sur ce canevas pas si absurde, Esther Vilar a écrit une charge drôle, jouissive, insaisissable, coquine et mutine, où l'on saute du coq à l'âne, de la poule à la mule...de la papesse.

"La papesse américaine" a compris la communication moderne. De sa patrie de télé-évangélistes ruisselants et frénétiques, elle a retenu les "trucs publicitaires" pour accrocher fidèles et infidèles et les sortir de leur apathie morbide.

La belle Nathalie Mann - concentré de Marthe Keller, de Glenn Close et de Marie-Christine Barrault, dans un corps de mannequin scandinave - joue cette papesse, faussement féministe, fichtrement féminine, qui secoue le monde comme une infirmière joviale tire les rideaux et s'extasie du soleil qui répare.

Avec rythme, humour et une énergie vibrante, elle offre une heure et quart de passion totale, riant, pleurant, apostrophant, jetant tout à bas et réédifiant soigneusement le château de cartes, caressante et griffante, mère supérieure blasphématrice qui a volé la clef de l'armoire aux chasubles.

Thierry Harcourt, metteur en scène et magicien dandy, a composé avec flegme le plateau de ce spectacle étrange et délicieusement politiquement incorrect, adapté par le célèbre dramaturge Robert Poudérou, qui a triomphé en Avignon, et qui secoue la cave voutée de l'Essaïon.

Nathalie Mann, comédienne subtile, donne tout, à chaque seconde, dans l'excès ou la retenue, fait réfléchir, fléchir, bouleversante, maternelle, sensuelle et cette satire de la religion ? de l'athéisme ? de la paresse intellectuelle ? du prêt-à-penser ? donne bien du plaisir, à compter du moment où l'on accepte de faire sauter le bouton du faux-col.

 

Christian-Luc Morel        

 

 

Par PAPESSA - Publié dans : PRESSE ESSAION PARIS 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:10

THEATRE AU VENT

lemonde_fr_grd.gif Just anotherBlog.lemonde.fr

Il faut saluer la naissance de la Papesse américaine, avec un peu de retard certes, puisqu’elle est née en 1982 d’une façon tout à fait virginale, dans les limbes d’une écrivaine allemande Esther Vilar. Cela résonne d’une façon un peu péjorative, le mot papesse ça rime aussi bien avec fesse qu’avec prêtresse. Il est étrange de voir comment la féminisation de noms voués durant des siècles au genre masculin, a du mal à être prise au sérieux.

 Et pourtant il existe ce mot papesse mais il est inutile d’aller vérifier dans le dictionnaire, il vaut mieux aller à la rencontre de celle qui l’incarne, Nathalie Mann au Théâtre de l’Essaïon.  Enfin vous pourrez dire, oui elle existe, je l’ai vue, c’est une femme et elle parle bien !

 En plus, elle est maligne, elle explique à son auditoire avec rouerie et perspicacité comment en tirant les marrons de ces feus prédécesseurs, elle jouera son rôle de papesse.

 Dans cette gigantesque toile d’araignée où la chrétienté a vu le jour, la figure du christ parait indissoluble. On pourrait dire que la papesse est fille de…, fille de toutes ces femmes qui durant des siècles ont vécu dans un monde conjugué au masculin.

 Comme elle est cruelle, la mise en scène d’aujourd’hui ! Pour annoncer à ses compatriotes qu’elle veut faire le bien, qu’elle est prête  à donner sa vie à un idéal de justice et d’amour sur terre, la papesse ne peut pas faire l’impasse des sponsors qui l’installent sur le trône. Alors, elle devient la mère Ubu, en plus élégante, endossant la robe d’une mante religieuse ou de la reine des abeilles qui tire le miel des confidences et des désirs de soumission de ses idolâtres.

 Comment il aurait été le Dieu inventé par les femmes ? Voilà une question piège. N’oublions pas que le pape est le représentant de Dieu sur terre. Alors, d’où sort-elle cette papesse ? D’une papauté en ruines, d’une religion-fiction intersidérale ? Il faut pincer les cordes de toutes les croyances humaines, il faut tenir compte des rêves obscurs et timides des  humains, apprivoiser leur diversité, leurs contradictions, en somme c’est de la politique que le doigté féminin peut fort bien s’approprier.

 Toutes âmes confondues, auteure, adaptateur, metteur en scène  et interprète font de ce spectacle un appel d’air, où peuvent s’engouffrer les doutes, les interrogations, les révoltes aussi bien des athées que des chrétiens.

 Croyez-moi, pour une fois, vous n’aurez pas le temps de vous endormir pendant l’homélie, comme à la messe ou à un débat politique, tant il est vrai que cette papesse a de l’énergie à revendre pour faire palpiter ses électeurs futurs et à venir, en votre âme et conscience, chers spectateurs !

 Paris, le 8 Octobre 2011               Evelyne Trân

Nathalie MANN  était l’invitée de l’émission “Deux sous de scène” du samedi 8 Octobre 2011 sur Radio Libertaire

Par PAPESSA - Publié dans : PRESSE ESSAION PARIS 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 23:04

logo-webthea.png   Critiques / Théâtre

Par Gilles Costaz 

La Papesse américaine

Une femme à la tête de l’Eglise

La Papesse américaine n’est pas au départ une pièce de théâtre. Mais ce texte d’Esther Vilar, auteur argentin du Sexe polygame, tomba entre les mains de l’actrice Eléonore Hirt. Persuadée qu’il y avait là une matière dramatique, elle confia La Papesse à l’auteur Robert Poudérou qui resserra l’œuvre avec habileté et en fit un monologue brûlant. Eléonore Hirt créa la pièce avec succès en 1982. Et la voilà qui renaît dans le même texte, avec une nouvelle interprète, Nathalie Mann, et dans une nouvelle mise en scène par Thierry Harcourt.

Nous voilà en 2040, dans un studio d’une télévision américaine. « Habemus Papessam » ! Jeanne II vient d’être élue au suffrage universel par les vingt-quatre millions de catholiques vivant sur la planète. Elle se souvient de la papesse Jeanne – la religieuse qui s’était fait passer pour un homme et avait usurpé la tiare pontificale -, passe en revue certains pontifes de l’Histoire et des prélats d’anticipation qui ont vécu après l’an 2000, comme l’homosexuel voué auquel elle succède ! Surtout elle démonte le dogme. Elle ne croit pas en Dieu, elle ne croit pas que Jésus soit le fils de Dieu. Elle se révolte contre l’injustice de la vie telle qu’elle est : « A-t-on vu Dieu une seule fois foudroyer le tortionnaire d’un enfant ? » Elle souligne combien les femmes peuvent apporter à un monde nouveau. « Me voici, Jeanne II, votre Papesse qui va changer tout ça ! », proclame-t-elle.

La belle mise en scène de Thierry Harcourt donne de la discrétion à l’univers télévisuel (à la création, la mise en scène avait été confiée à un réalisateur TV, Pierre Koralnik) et intensifie la relation entre le personnage et le public. Les spectateurs sont vraiment les interlocuteurs de l’actrice. Ce monologue est un dialogue permanent avec eux. Cette actrice, Nathalie Mann, est rayonnante, narquoise, puncheuse, éclatante. On la verra en fin de soirée se draper de la robe pontificale. Mais qu’importe la pompe ecclésiastique ! Nathalie Mann est toujours dans le feu de la dialectique, du débat, de l’ironie, de l’enjouement et de la passion. Le spectacle pourra choquer quelques croyants dogmatiques mais, après un grand succès aux festivals off d’Avignon en 2010 et 2011, il arrive à Paris avec une actualité évidente. C’est un moment aussi troublant que séduisant.

 

Par PAPESSA - Publié dans : PRESSE ESSAION PARIS 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

AVIGNON 2011

Aff-Mail Papesse

Des questions, des messages...

LA BANDE ANNONCE

 

      C'EST ICI POUR LA VOIR.....

 

 

Blogs Papessam

Équipe Papessa

Comédienne : Nathalie Mann

Metteur en scène : Thierry Harcourt

 

Régisseur Avignon : Idalio Guerreiro
Création costumes : Catherine Cona

Production Compagnie Fracasse : fracasse@tournees.net

 

La Compagnie Fracasse souhaite développer des projets citoyens  sur des textes abordables par tous, qui bousculent et enrichissent le regard et la réflexion."La Papesse Américaine" est sa première production.

 Remerciements :

Aline Bernard, Studio Hotline,

Fanny Atlan, Marilia Menezes,  Christelle Willemez, voix des publicités.

John Frost, photo de l'affiche.

 

Presse : Corinne Merle


Recherche dans le blog Papessa

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés