Froggy's delight Christian Luc Morel

Publié le par PAPESSA

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Seule en scène écrit par Esther Vilar, interprété par Nathalie Mann dans une mise en scène de Thierry Harcourt.

2040...Demain. Dans un monde où le premier pays capitaliste du monde - la Chine - est communiste, l'euro, une monnaie d'avenir du passé, l'Europe, un tiers-monde parc d'attractions, pourquoi ne pas élire une femme pape pour diriger la liquidation de la religion révélée ?

Sur ce canevas pas si absurde, Esther Vilar a écrit une charge drôle, jouissive, insaisissable, coquine et mutine, où l'on saute du coq à l'âne, de la poule à la mule...de la papesse.

"La papesse américaine" a compris la communication moderne. De sa patrie de télé-évangélistes ruisselants et frénétiques, elle a retenu les "trucs publicitaires" pour accrocher fidèles et infidèles et les sortir de leur apathie morbide.

La belle Nathalie Mann - concentré de Marthe Keller, de Glenn Close et de Marie-Christine Barrault, dans un corps de mannequin scandinave - joue cette papesse, faussement féministe, fichtrement féminine, qui secoue le monde comme une infirmière joviale tire les rideaux et s'extasie du soleil qui répare.

Avec rythme, humour et une énergie vibrante, elle offre une heure et quart de passion totale, riant, pleurant, apostrophant, jetant tout à bas et réédifiant soigneusement le château de cartes, caressante et griffante, mère supérieure blasphématrice qui a volé la clef de l'armoire aux chasubles.

Thierry Harcourt, metteur en scène et magicien dandy, a composé avec flegme le plateau de ce spectacle étrange et délicieusement politiquement incorrect, adapté par le célèbre dramaturge Robert Poudérou, qui a triomphé en Avignon, et qui secoue la cave voutée de l'Essaïon.

Nathalie Mann, comédienne subtile, donne tout, à chaque seconde, dans l'excès ou la retenue, fait réfléchir, fléchir, bouleversante, maternelle, sensuelle et cette satire de la religion ? de l'athéisme ? de la paresse intellectuelle ? du prêt-à-penser ? donne bien du plaisir, à compter du moment où l'on accepte de faire sauter le bouton du faux-col.

 

Christian-Luc Morel        

 

 

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